
Séries
Car certaines séries peuvent aujourd'hui être comparées à des œuvres cinématographiques à part entière, mais aussi parce qu'elles sont un nouveau moyen de s'identifier à des personnages, je détaille ici les raisons pour lesquelles certaines me touchent plus que d'autres

Le 16/01/23
Young Royals - Lisa Ambjörn
2 saisons, 6 épisodes chacune, 45 minutes chacun
Cette série pour adolescents et jeunes adultes a été la révélation de 2021 pour moi. Elle raconte l'arrivée du Prince de Suède Wilhelm dans un internat prestigieux par lequel sont passés son frère (le prince héritier) et sa mère (la reine) avant lui. À 16 ans, Wilhelm ne sait pas gérer la pression que cette nouvelle vie parmi une élite lui impose, et cela ne s'arrange pas lorsqu'il rencontre Simon. Ce dernier lui fait découvrir de nouveaux sentiments (en gros, il tombe amoureux), bien qu'il soit issu d'une classe sociale bien inférieure à celle du Prince et que beaucoup semble les séparer. Vous pouvez imaginer les questionnements que cela implique.
Le synopsis est simple et peut paraître cliché, pourtant cette série suédoise est un succès international. Je vous explique ici pourquoi elle est en fait une œuvre unique en son genre.
Passé l'aspect superficiel et riche d'un lieu comme Hillerska, où les problèmes des adolescents semblent éloignés de ceux du spectateur qui n'est sans doute pas de ce monde, il y a beaucoup de manières de s'identifier aux personnages. Commençons par le plus évident : l'âge des acteurs, et la façon dont ils sont filmés. Contrairement à des séries comme Elite, ils sont jeunes et paraissent réellement adolescents. On voit leurs boutons, la caméra s'affranchit des filtres par souci de représentation, qu'elle préfère au souci esthétique. D'ailleurs, on ne peut pas dire que les acteurs soient laids, ou enlaidis par le fait qu'on les découvre au naturel. Ensuite, les dialogues et les scènes d'intimité entre deux personnages sont extraordinairement fluides et collent parfaitement aux enjeux de la scène, aux émotions qu'ils ressentent. Le jeu des acteurs y est pour beaucoup : leur justesse fait qu'on ne peut que croire à leur histoire. La représentation du sexe est un des exemples les plus parlant : les scènes intimes ne sont pas nombreuses mais elles se veulent les plus réalistes. La mise en scène permet de mettre en valeur, d'un côté les schémas traditionnels qui s'imposent (malheureusement) lorsqu'il s'agit d'un couple hétérosexuel, de l'autre la découverte, le tâtonnement, l'imperfection dans sa plus belle forme lorsqu'il s'agit de Wilhelm et Simon. C'est quelque chose que je n'avais jamais vu avant, même pas dans d'autres séries pour ado comme Skam. Ces scènes rendent valides les premières fois au cœur battant, aux gestes imprécis et aux corps qui se cherchent.
D'un point de vue plus technique, ou du moins dans la forme que prend la série, deux éléments en font sa marque de fabrique et sa singularité. D'abord ses choix de mises en scène et de couleur, que l'on pourrait considéré comme du cinéma d'auteur, plus indépendant et moins mainstream que ce qu'on pourrait attendre d'une série grand public. Ensuite, la place de la musique : elle est choisie avec soin puisqu'elle marque complètement les moments cruciaux du scénario, veut appuyer les émotions et les atmosphères. On comprend que ce sont des choix conscients qui sont fait par la réalisation, pour rendre le show spécial et nous faire entrer dans leur univers.
Enfin, à force de regarder des interviews du cast et des réalisatrices, je pense qu'on peut leur faire confiance dans l'écriture d'une troisième et dernière saison. Elles ont su approfondir leurs personnages (même si la deuxième saison comporte peut-être un peu trop de drama pour moi), et leur imagination sauront sans aucun doute développer un scénario réussi pour le dénouement.
En somme, Young Royals est une véritable safe place dont il serait dommage de se priver !

Fleabag - Phoebe Waller-Bridge
2 saisons, 6 épisodes chacune, 25 minutes chacun
À venir.
FOND D'ÉCRAN : THE QUEEN'S GAMBIT (LE JEU DE LA DAME)
